Classification: Pourquoi une opposition sur ce projet?

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22 janvier 2015, Nancy

Classification :

Pourquoi une opposition à ce projet ?

Pour le SNU, la mise en place de la nouvelle classification était le moment idéal pour la direction de reconnaitre l’implication et les efforts fournis par l’ensemble des personnels de Pôle emploi depuis la création de notre Etablissement.

Pour cela, le Snu avait proposé pour chaque agent un avancement de deux échelons, ce qui aurait permis à tout le monde d’être gagnant. Au lieu de cela ….

Le « Fric » : Du Fric… mais pas pour tout le monde…

Que nous proposait la DG ? Les salariés concernés par ce projet de nouvelle classification sont au nombre de 45 441 (selon les chiffres que la DG a fournis au compte-goutte aux 6 Organisations Syndicales participant aux négociations). La direction prévoyait une enveloppe prévisionnelle de 28.5 millions d’euros.

Soit une Moyenne d’environ 630€ brut annuel /agent, environ 43€ brut par mois et par salarié, … en échange d’un ralentissement de l’évolution de carrière pour tous.

Mais Ça ! C’est juste une moyenne !  

Car loin d’être équitable, cet accord proposait la répartition suivante :

 

80% du personnel aurait eu moins que la moyenne (soit 36 000 agents),

10% autour de cette moyenne,

10% aurait gagné plus que cette moyenne

Selon nous, une meilleure répartition équilibrée était non seulement possible mais surtout souhaitable d’autant que…

Quand on examine tout ce qui n’est lié directement au « Fric » à l’instant T, que voit on ?

Déroulement de carrière : Le droit de recours serait passé de 3 ans à …5 ans.

La renégociation de l’article 20§4, « voiture balai » du processus de promotion, fait reculer l’attribution potentielle d’un échelon/niveau de 3 à …5 ans.

 Sur une carrière de conseiller, de C1 à E4, il y a 11 échelons ! à raison d’1 échelon tous les 5 ans (ds le meilleur des cas !!)  Qui ferait une carrière de 55 ans à Pôle emploi ?

 

Ajoutons à cela le fait que les cadres bénéficiant d’une promo aurait gagné 3,5% d’augmentation au lieu de 5% aujourd’hui.

 

Le 0,8% par an soi-disant gravé dans le marbre ? Depuis 2009, l’enveloppe consacrée aux promotions a toujours été supérieure ! Encore un engagement de la DG qui ne lui coûte pas cher…

Déplafonnement des carrières

Le texte actuel, Article 19.1 de la CCN, qui reste en vigueur, précise que « les augmentations individuelles de salaire ont lieu au choix, et sans limitation, soit par relèvement de traitement dans le même coefficient, soit par promotion à un échelon plus élevé ……».

 

Pour un conseiller, par exemple, rien n’empêche sa hiérarchie de le promouvoir une fois le coefficient 260 atteint, soit par un 19.2, soit par un changement d’échelon. Il existe aujourd’hui près de 700 conseillers au-delà du coef 260 (selon la DG). Le déplafonnement version DG ressemble beaucoup à un plafonnement…

Automatismes

Aucun automatisme sur les métiers de conseillers, à peine un engagement moral pour une « attention toute particulière en début de carrière»

Automaticité uniquement pour les agents au coefficient 170 qui passent à 180 au bout d’un an et les chargés d’accueil et d’information au coefficient 180 qui passent à 190 au bout de 2 ans, soit 370 collègues concernés (0,8% de l’effectif national) !!!

 

Automaticité également pour les débutants dans les fonctions de REP, de DAPE  et de chef de service qui passent du 1er au 2ème échelon au bout de 2 ans (301 collègues au niveau national).  En tout, moins de 1,5 % du personnel privé concerné par un automatisme !!!!     

Quelle « avancée » spectaculaire … !!!!

Coefficients Base (190, 210, 230, 280)

2 056 collègues auraient dû prendre un échelon ; cependant, au moment du repositionnement, le 19.2 aurait été intégré, par un habile tour de passe-passe, dans ce changement d’échelon et le gain financier aurait été quasiment nul !  Là encore, la DG (aidée de son habituel syndicat d’allégeance, et présidant également à la destinée de l’Unedic !) fait miroiter une augmentation sans dépenser un sou…

Double compétence

1 350 collègues auraient été concernés (moins de 3% du personnel) !

Les collègues exclus : les volontaires à qui la direction n’a pas répondu favorablement ; les double compétents avec un indice supérieur à 210 ; ceux qui exercent depuis moins de deux ans (la mesure n’étant pas pérenne, mais valable uniquement lors du repositionnement) ; ceux qui ont rendu leur portefeuille (ex-indemn) ou ceux qui ne liquident pas ou plus (ex-placement).

 

Par ailleurs, dans le cadre de la campagne de promotion 2014-2015, Ces 1 350 collègues concernés ont bénéficié d’une promotion : même si l’accord sur la classification ne s’applique pas, certaines mesures ont déjà été appliquées par anticipation en leur faveur.

Agents publics

Le SNU a également revendiqué une égalité de droit à la négociation pour les agents de statut public qui devaient être impactés par cet accord dans une seconde phase.

Le chantage de la Direction Générale pour peser sur la signature de l’accord, condition essentielle aux discussions statutaires, est une fois de plus inacceptable et les personnels ne s’y trompent pas !

Les agents de droit public n’ont pas attendu l’ouverture des négociations sur la classification pour revendiquer (avec le SNU notamment) l’amélioration de leur situation,

même si certaines organisations syndicales (signataires de l’accord et en quête d’une nouvelle virginité récenteauprès des statuts 2003) font semblant de le découvrir aujourd’hui…D’ailleurs où est passée la promesse pour les salairesen2014 ?


Finalement S’appliquera ? Ne s’appliquera pas ?

En ce moment, des Syndicats favorables à l’accord communiquent pour semer la confusion dans le personnel. Le SNAP et l’UNSA, en quête de reconnaissance et qui n’ont pas participé aux négociations et encore moins pu signer l’accord viennent au secours de la DG !

Malgré les gesticulations de la CFTC (8% aux dernières élections professionnelles), sponsorisée par la Direction Générale, et malgré la propagande mensongère des organisations syndicales signataires, l’accord est bien « réputé non écrit » (et donc non applicable) car le SNU,  la CGT et FO (représentant ainsi près de 60% des suffrages exprimés par les salariés de Pôle emploi aux dernières élections professionnelles) ont fait valoir leur droit d’opposition valablement.

 Une Classification (dans laquelle le SNU en attente de ce sujet depuis 2009 et la fusions’est pleinement et longuementinvesti) ne se regarde pas qu’à l’instant T, elle doit tenir compte de ce qui s’est fait avant et de ce qu’elle permettra et garantira dans 5 ans, 10 ans, 20 ans… 

Nous regrettons que certaines des revendications que nous avons défendues durant toute la négociation, et que certaines des propositions que nous avons faites, n’aient pas pu aboutir.

Il s’agit tout particulièrement de celles visant à obtenir :

· Un positionnement qui assure à chacun et chacune de trouver la reconnaissance de ses qualifications, de ses expériences et de ses expertises,

· Une grille de classification des emplois claire permettant à chaque agent des possibilités de progression et de mobilité professionnelle,

· Un véritable déroulement de carrière garanti à l’ensemble du personnel dans la transparence et l’équité,

La DG doit maintenant prendre ses responsabilités et arrêter le jusqu’auboutisme de posture ! Nous sommes convaincus de la nécessité d’aboutir à un accord sur la classification.

Dans l’intérêt de Tous, Agents et Direction, nous exigeons, avec la CGT et FO, la reprise des négociations au plus tôt.

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